Histoire
août 18, 2026
Le filet de sécurité de 105 milliards de dollars d’Ohio de Nvidia met à l’épreuve la capacité de la demande d’IA à se suffire à elle-même
OpenAI et Nvidia présentent un vaste campus de centres de données dans l’Ohio comme un pari sur l’emploi et les infrastructures. Mais la garantie réduite, l’approvisionnement exclusif en puces et d’énormes besoins en électricité ravivent les craintes que le boom de l’IA ne finance surtout sa propre demande.
L’ancien site d’enrichissement d’uranium de Portsmouth, dans l’Ohio, est en train d’être reconverti en moteur d’IA. La promesse est immense : des emplois, de nouvelles capacités électriques et informatiques à une échelle rarement tentée — ainsi qu’une structure de financement qui a renforcé les doutes sur la capacité du secteur à financer sa propre expansion.
OpenAI a déclaré avoir accepté de sécuriser environ 8 gigawatts de capacité informatique sur le campus PORTS-Pike, dans le comté de Pike, où SB Energy construira, possédera et exploitera l’installation dans le cadre d’un bail de 20 ans. L’entreprise prévoit 35 000 emplois dans la construction d’ici 2032 et 2 500 emplois d’exploitation à long terme, ainsi que 40 millions de dollars de subventions communautaires en plus de l’engagement existant de 40 millions de dollars de SB Energy.1
Les 800 premiers mégawatts sont attendus en 2028, en grande partie grâce à l’infrastructure existante d’AEP. Au-delà, le plan dépend de nouvelles capacités de transport et de production d’électricité, y compris au gaz naturel. OpenAI affirme que SB Energy — et non les usagers régionaux — prendra en charge les améliorations du réseau et les infrastructures associées, tandis que le campus utilisera un système en circuit fermé, refroidi par air, afin de limiter la demande continue en eau.1
Nvidia s’est engagée à verser 1,5 milliard de dollars à SB Energy et fournira jusqu’à 105 milliards de dollars de soutien conditionnel pour les obligations de paiement de loyers et d’électricité liées à la phase initiale de construction. Elle sera également le fournisseur exclusif d’infrastructures de calcul du site.2 L’accord vise à rendre finançable un projet colossal, tandis qu’OpenAI ne paiera qu’au fur et à mesure que la capacité achevée sera disponible.
C’est précisément là que les critiques voient une ligne de faille. La garantie a finalement été plafonnée à 105 milliards de dollars, contre des informations selon lesquelles Nvidia aurait envisagé environ 250 milliards de dollars ; les investisseurs craignent que le fabricant de puces ne contribue à financer des installations qui, à leur tour, achèteront ses puces.3 Le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, rejette cette caractérisation : « S’agit-il d’un financement circulaire ? Non. OpenAI paiera le loyer. »2
Les enjeux vont au-delà des bilans. SB Energy prévoit 9,2 gigawatts de production au gaz sur l’ancien site fédéral, une estimation évaluant le coût de la centrale à 33 milliards de dollars à mesure que les prix de construction augmentent.4 Pour OpenAI, le campus constitue une base pour la demande future. Pour les sceptiques, c’est un test visant à savoir si cette demande se matérialisera avant que la facture n’arrive.