Histoire
août 21, 2026
L’offensive de Bessent sur le marché obligataire se heurte à la réalité de la dette
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent intensifie les achats d’obligations de longue maturité pour freiner la hausse des rendements, mais investisseurs et analystes estiment que le gouvernement ne peut pas acheter sa sortie de déficits croissants et d’une dette de 40 000 milliards de dollars.
Scott Bessent essaie de montrer à Wall Street que le Trésor dispose encore d’outils pour calmer un marché obligataire malmené. La réponse des investisseurs, jusqu’à présent, est que des outils ne sont pas la même chose qu’un remède.
La campagne a commencé avant la dernière annonce de rachat. Le 31 juillet, les autorités américaines ont acheté du yen pour la première fois en trois décennies, une mesure perçue comme réduisant la pression sur le Japon pour qu’il vende des Treasuries ; plus tôt dans l’année, Bessent avait aussi utilisé des « vérifications de taux » surprises sur les marchés des changes. L’ancien responsable du Trésor Mark Sobel l’a qualifié « d’activiste, absolument », tandis que d’autres voyaient une administration de moins en moins disposée à laisser les rendements à long terme croissants parler d’eux‑mêmes.1
Le contexte budgétaire n’a fait qu’aiguiser cette anxiété. Le compte rendu du Treasury Borrowing Advisory Committee publié le 5 août a averti d’un déficit de financement de 1 450 milliards de dollars pour les exercices 2027-2028 aux tailles d’adjudication actuelles, tandis que les coûts annuels d’intérêts ont dépassé 1 000 milliards de dollars. La dette nationale a franchi le seuil des 40 000 milliards de dollars cette semaine, seulement cinq mois après avoir dépassé les 39 000 milliards.2
La réponse de Bessent a été de multiplier au moins par deux les rachats prévus de titres en circulation à 10 à 30 ans, en passant d’un maximum de 2 milliards de dollars par opération à au moins 4 milliards, à partir du 9 septembre. Le Trésor a présenté la mesure comme un dispositif de liquidité pour des échéances peu échangées et mal évaluées — et non comme une défense d’un niveau de rendement spécifique.3
Mais le soulagement initial du marché s’est révélé fragile. Les Treasuries de longue maturité ont rebondi après l’annonce, les rendements à 30 ans reculant brièvement jusqu’à 9 points de base, puis ils ont en partie effacé ce mouvement. Le Financial Times a rapporté que les obligations de long terme repartaient à la baisse, l’intervention n’ayant pas réussi à rassurer les investisseurs.4
Bessent affirme que les chiffres sous‑estiment la position de l’administration : « Il n’y a rien de magique dans le chiffre de 40 000 milliards de dollars », a‑t‑il déclaré, faisant valoir que la croissance, les recettes tarifaires et les incitations à l’investissement peuvent améliorer les perspectives. Ses critiques voient une contrainte plus dure. Comme l’a formulé le stratège de Zurich Insurance Guy Miller, l’intervention peut être puissante, « mais en fin de compte, à moins de s’attaquer à une politique dispendieuse, ce n’est pas durable indéfiniment ».1
Cette divergence se joue aussi sur le terrain politique. Un message largement partagé de Steve Rattner, repartagé par le chercheur en IA Yann LeCun, rappelait que Trump avait promis de réduire la dette publique mais avait au contraire supervisé une hausse de la dette au‑delà de 100 % du PIB et vers son record de l’ère de la Seconde Guerre mondiale.
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