Histoire
août 23, 2026

Le bond d’un milliard de dollars de Rillet met les géants historiques de la comptabilité en alerte

La levée de 100 millions de dollars en série C de Rillet a propulsé la startup de comptabilité par IA au statut de licorne, alors que les clients abandonnent les logiciels établis. Son fondateur affirme que la technologie atténuera la pénurie de comptables et réduira les tâches pénibles, sans faire disparaître la profession.

La montée en puissance rapide de Rillet accentue la menace que l’IA fait peser sur les géants du logiciel qui dominent depuis longtemps la comptabilité d’entreprise. Mais le discours de la startup n’est pas que les comptables sont obsolètes ; il est qu’une profession surmenée a besoin de meilleurs outils.

Deux ans après être sortie de l’ombre, Rillet a levé 100 millions de dollars pour une valorisation d’un milliard de dollars, un tour de table qui s’est bouclé en 48 heures après que l’entreprise a montré aux investisseurs que son chiffre d’affaires annualisé avait doublé en un trimestre. La startup affirme compter désormais 600 clients, dont des sociétés cotées, et avoir levé 200 millions de dollars au total.

Cette dynamique est portée par une attaque frontale contre les systèmes en place. Le directeur général Nicolas Kopp a indiqué que les clients ne se contentent pas de tester le produit : ils remplacent les logiciels d’Intuit, NetSuite et Oracle. Environ la moitié des clients de Rillet viennent d’Intuit, tandis qu’environ 30 % proviennent de NetSuite et Sage Intacct, selon Kopp.

Les investisseurs y voient bien plus qu’un simple outil de tenue de livres. Seth Pierrepont d’Iconiq a déclaré que Rillet avait déjà démontré qu’elle pouvait « l’emporter sur les acteurs historiques qui détiennent cette catégorie depuis des décennies ». Julien Bek de Sequoia est allé plus loin, soutenant que la comptabilité n’est que le premier mouvement vers la réinvention de la fonction financière au sens large.

Le contrepoids de Kopp face aux craintes d’automatisation, c’est la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur. Rillet est conçue pour permettre aux comptables de travailler aux côtés d’agents, en automatisant les tâches répétitives tout en conservant une supervision humaine. Pour les travaux concernant les sociétés cotées, a-t-il souligné, chaque transaction effectuée par un agent d’IA requiert encore une approbation humaine.

Cette distinction est importante. Kopp a déclaré : « Je ne vois tout simplement pas des gens perdre leur emploi de sitôt », présentant le logiciel comme un moyen de donner aux équipes financières plus de temps pour l’analyse et le conseil plutôt que comme un outil destiné à supprimer les postes juniors. Le véritable affrontement, pour l’instant, n’oppose donc pas les humains aux machines. La question est de savoir si les plateformes comptables historiques peuvent empêcher leurs clients de faire défection à mesure que des alternatives natives de l’IA arrivent à maturité.