Histoire
août 24, 2026

Rillet affirme que l’IA libérera les comptables de la routine, sans les remplacer

Après avoir levé 100 millions de dollars pour une valorisation d’un milliard de dollars, Rillet présente son logiciel de comptabilité à base d’IA comme une réponse à une pénurie de talents qui s’aggrave. Sa croissance rapide met également en alerte les fournisseurs financiers historiques.

Le nouveau statut de licorne de Rillet s’accompagne d’un message volontairement rassurant : l’intelligence artificielle pourrait bouleverser les logiciels de comptabilité, mais elle ne videra pas les départements comptables.

Deux ans après sa sortie de l’ombre, la startup de comptabilité native IA a levé 200 millions de dollars, dont une série C de 100 millions de dollars bouclée en 48 heures pour une valorisation d’un milliard de dollars. Le directeur général Nicolas Kopp explique que l’urgence a été dictée par des clients cherchant une alternative aux systèmes bien établis d’Oracle, NetSuite et Intuit — et non par un pari spéculatif sur l’IA seule.

L’entreprise affirme que sa croissance s’est accélérée à mesure que les sociétés sont confrontées à une diminution du nombre de comptables disponibles. Le logiciel de Rillet est conçu pour permettre à des agents IA de gérer les tâches de tenue de livres routinières tandis que les équipes financières en examinent les résultats, un modèle destiné à orienter les professionnels vers l’analyse et le conseil. Ses récents outils de gouvernance, qui permettent aux comptables d’inspecter les décisions et les calculs d’un agent, reflètent la contrainte centrale : les règles applicables aux sociétés cotées exigent encore une validation humaine des transactions pilotées par l’IA.

Cette distinction est au cœur de l’argumentaire de Kopp. « Je ne vois tout simplement pas des gens perdre leur emploi de sitôt », a-t-il déclaré, en soutenant que les comptables devraient être libérés pour aider les entreprises à prendre de meilleures décisions financières plutôt que d’être remplacés par une saisie de données automatisée.

Les investisseurs perçoivent une opportunité commerciale plus vaste. Seth Pierrepont, d’Iconiq, a déclaré que Rillet avait déjà démontré sa capacité à battre des acteurs historiques qui dominaient la catégorie depuis des décennies, tandis que Julien Bek, de Sequoia, présentait la comptabilité comme la première étape vers la reconstruction de l’ensemble de la fonction financière.

La tension est évidente. Rillet vend à la fois une rupture aux géants du logiciel et un soulagement à des équipes financières surchargées, tandis que les régulateurs et les clients exigent qu’un humain reste responsable des chiffres. Pour l’instant, le pari de l’entreprise est que le rôle le plus précieux de l’IA n’est pas de prendre la place du comptable, mais de rendre ce poste plus facile à pourvoir.