Histoire
septembre 4, 2026
Le plan de sauvetage de 285 millions de dollars de GoPro s’accompagne d’un virage vers la défense
Pour GoPro et Starman, la fusion constitue un plan de sauvetage et de croissance qui protège la marque grand public tout en développant une activité américaine plus large dans l’optique. Ce virage offre une voie de sortie aux difficultés financières, mais soulève des questions sur l’ampleur de l’entrée de l’ancien spécialiste des caméras d’action dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale.
La réinvention de GoPro a commencé sous pression. Après une décennie d’expansions ratées dans de nouvelles catégories, de licenciements et d’une valeur boursière en baisse, l’entreprise a averti ses actionnaires en juin qu’elle pourrait ne pas survivre sans nouveaux financements. Le fondateur et directeur général Nick Woodman a suivi en juillet avec un investissement de 20 millions de dollars pour maintenir l’entreprise à flot.1
En avril, GoPro avait déjà signalé une nouvelle orientation en annonçant des services de conseil dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale. Puis, fin août, le YouTubeur Mark « Markiplier » Fischbach a révélé détenir une participation de 8,5 %, faisant brièvement de lui le principal actionnaire de l’entreprise — juste avant que la vente ne redessine l’avenir de la société.2
Le 1er septembre, Starman Optical a accepté d’acquérir GoPro dans le cadre d’une transaction de 285 millions de dollars. Les actionnaires devraient recevoir 1,14 dollar par action et conserver environ 10 % de l’entreprise issue du regroupement ; l’opération devrait effacer la dette de 92 millions de dollars de GoPro et être finalisée avant la fin de l’année.1
Starman et Woodman présentent l’opération comme une relance industrielle, et non comme un abandon des racines de GoPro. Le directeur général de Starman Holdings, Charles Tebele, a déclaré que les entreprises avaient l’intention de rapatrier aux États-Unis la production de composants optiques critiques, en combinant la propriété intellectuelle de GoPro en matière d’imagerie avec la technologie d’émetteurs-récepteurs de Starman et ses projets de fabrication nationale.1 Woodman, quant à lui, décrit la nouvelle GoPro comme une entreprise américaine d’imagerie et de solutions optiques au service des marchés grand public, commerciaux et de la défense.2
Cette promesse s’accompagne d’ambiguïté. GoPro affirme que ses caméras, abonnements et services cloud existants continueront d’être pris en charge, tandis que les employés ont été informés que l’entreprise fonctionnerait comme d’habitude jusqu’à la finalisation de la transaction.2 Pourtant, les références à la sécurité nationale, aux infrastructures d’IA, à la robotique et à l’aérospatiale montrent clairement que le prochain chapitre de la marque pourrait être bien éloigné des caméras fixées sur des casques et des vidéos de surf.
La fusion offre à GoPro un nouveau départ financier. Sa tâche la plus difficile sera de prouver qu’une icône grand public peut devenir un acteur crédible de la défense et de la photonique sans perdre les clients qui l’ont construite.