Histoire
septembre 11, 2026
Muse de Meta veut gérer votre vie, mais doit d’abord gagner votre confiance
Meta considère Muse comme un agent accessible et toujours actif, capable de transformer des objectifs personnels en actions ; les premiers utilisateurs y voient rapidité et commodité. Les sceptiques soutiennent que plus il devient utile, plus les promesses de sécurité de Meta se heurtent à son bilan problématique en matière de protection de la vie privée.
Meta a préparé le terrain pour Muse en août, lorsque son directeur général Mark Zuckerberg a décrit un avenir dans lequel « chacun disposera d’un agent personnel exceptionnellement compétent » travaillant sur la santé, les relations, les finances et la gestion du foyer.1
Cette vision s’est concrétisée le 8 septembre avec le lancement de Muse aux États-Unis, un agent d’IA personnel disponible via sa propre application, WhatsApp et le web. Meta affirme que le service peut planifier des rendez-vous, rédiger et envoyer des e-mails, remplir des formulaires, réserver des voyages et faire des achats en ligne — en continuant de fonctionner en arrière-plan après qu’un utilisateur ferme l’application, puis en revenant demander une approbation avant des étapes importantes telles qu’un achat.2
Zuckerberg a présenté le produit comme plus qu’un simple chatbot : « Voici Muse, l’agent personnel qui comprend vos objectifs et travaille 24 h/24, 7 j/7 pour accomplir des choses à votre place. »
3 L’argumentaire de Meta repose autant sur sa portée que sur ses capacités : l’entreprise indique que l’offre gratuite propose jusqu’à 100 millions de jetons par semaine, avec des abonnements pour les utilisateurs plus intensifs.
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La réponse initiale a apporté quelques preuves de la demande. Muse a dépassé 83 000 téléchargements sur iOS aux États-Unis et est passé de la quatrième à la deuxième place des classements de l’App Store. Pourtant, le lancement est resté en deçà des précédents succès de Meta, dont Threads, et son application Android se classait au 338e rang dans la catégorie Productivité de Google Play.5
Meta soutient que les garde-fous rendent ce compromis acceptable. Chaque utilisateur dispose d’une machine virtuelle isolée ; Muse ne peut pas accéder aux clés API ni aux identifiants en dehors de celle-ci, filtre les contenus sensibles des e-mails et permet aux utilisateurs de surveiller, suspendre ou reprendre les tâches du navigateur.2 Des enthousiastes ont salué son rythme, l’investisseur Jesse Middleton jugeant « vraiment stupéfiant de voir à quelle vitesse tout cela évolue ». 2
Mais le contre-argument est sans détour : un agent n’a pas besoin de sortir de son bac à sable si les utilisateurs y placent leur vie financière. L’entrepreneur Kai Milstein a averti : « Il lui suffit que le pot contienne votre identifiant bancaire. »2 Pour une entreprise qui porte encore le poids de scandales liés à la vie privée et de récents revers judiciaires, c’est l’épreuve à laquelle le rang de Muse dans les classements ne peut répondre.