Histoire
septembre 20, 2026

Buffett confie la culture à Howard alors qu’Abel fait face au jugement du marché sur Berkshire

Le plan de succession de Buffett sépare la supervision de la gestion : Howard Buffett est appelé à devenir le gardien de la culture de Berkshire, tandis que Greg Abel assume la tâche commerciale plus difficile de convaincre les investisseurs que l’entreprise peut prospérer sans son légendaire fondateur.

La dernière passation de pouvoir de Warren Buffett chez Berkshire Hathaway a tracé une ligne délibérée entre l’âme de l’entreprise et son fonctionnement quotidien. Après avoir dirigé le conglomérat depuis 1965, l’investisseur de 96 ans a quitté la présidence, est devenu président émérite et est resté administrateur. « Le temps finit toujours par gagner », a-t-il déclaré aux actionnaires.

Cette décision parachève une transition entamée neuf mois plus tôt, lorsque Greg Abel a pris les fonctions de directeur général. Le fils de Buffett, Howard, administrateur de Berkshire depuis 1993, devient désormais président dans le cadre d’un plan de succession conçu moins pour faire de lui un dirigeant opérationnel que pour en faire un garant. Le parcours atypique de Howard — agriculteur, ancien shérif, photographe et philanthrope — souligne qu’il n’est pas nommé pour devenir un second allocateur de capital dans le style de Buffett.

Buffett a plutôt présenté la répartition des rôles en termes clairs : « Greg dirige l’entreprise ; Howard protégera sa culture et ses valeurs — qui valent toutes deux plus que tout ce qui figure dans notre bilan. » Howard devrait contribuer à protéger les activités décentralisées de Berkshire et sa philosophie de détention à long terme, plutôt que de décider des acquisitions ou des rachats d’actions.

Cela laisse à Abel l’épreuve immédiate du marché. Les actions Berkshire n’ont gagné que 1 % en 2026, contre une hausse de plus de 11 % pour le S&P 500, les investisseurs s’interrogeant sur l’ampleur avec laquelle le nouveau dirigeant déploiera les 365,5 milliards de dollars de liquidités du groupe. Abel a porté les rachats d’actions à 4,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, tout en poursuivant d’importants investissements, notamment dans Alphabet et le constructeur de logements Taylor Morrison.

Buffett a toutefois exprimé une confiance sans équivoque : ses attentes à l’égard d’Abel « étaient extrêmement élevées dès le départ, et il les a dépassées ». Le nouvel arrangement offre aux actionnaires un garde-fou culturel en la personne de Howard — mais aucune protection contre le verdict financier qui attend désormais Abel.