Histoire
septembre 22, 2026
Le mur virtuel d’un milliard de dollars de la frontière a échoué envers les personnes qu’il devait repérer
L’argument central de l’enquête est sans appel : la surveillance frontalière a été vendue comme une infrastructure à la fois répressive et destinée à sauver des vies, mais ses angles morts, ses systèmes défaillants et ses alertes manquées ont laissé des migrants mourir à portée des caméras censées les détecter.
Pendant 25 ans, les États-Unis ont investi des milliards dans un « mur virtuel » de tours de surveillance le long de la frontière sud, les responsables présentant ce réseau comme un moyen de détecter, appréhender et, à terme, sauver les personnes traversant la frontière.1
Mais une enquête de MIT Technology Review, réalisée avec le Times of San Diego, soutient que cette promesse s’est effondrée à maintes reprises dans le désert. Les journalistes ont recensé plus de 1 050 personnes mortes près de tours de surveillance — un décompte reconnu comme incomplet, car Customs and Border Protection ne publie pas de carte complète du réseau et le projet a examiné près de 600 tours, et non les 800 que le gouvernement affirme être en service.2
L’enquête a constaté que des personnes traversaient des zones couvertes par des tours sans être secourues ni appréhendées, y compris à proximité de systèmes récemment installés et alimentés par l’IA, conçus pour repérer automatiquement les individus. Dans certains cas, des corps sont restés inaperçus pendant des semaines ou des mois. Les défaillances n’ont pas été présentées comme un simple problème technique : l’enquête a cité des tours hors service, des algorithmes qui ne détectaient pas les personnes et des agents qui ne répondaient pas aux alertes.2
Les lacunes vont au-delà de la détection. Le système de la Border Patrol destiné à enregistrer les décès de migrants n’était pas régi par des règles nationales de saisie avant 2021, et le Government Accountability Office a ensuite constaté que de nombreux cas — en particulier ceux qui n’avaient pas été découverts par la Border Patrol — manquaient toujours. Le Missing Migrant Program de l’agence a amélioré sa collecte de données, selon l’enquête, mais ne disposait pas d’un plan pour mesurer s’il augmentait réellement les sauvetages ou réduisait les décès.2
Les enjeux augmentent désormais. Les États-Unis doivent consacrer 1 milliard de dollars pour tripler le mur virtuel d’ici 2034, alors même qu’une évaluation interne de l’efficacité des tours reste hors de la vue du public. La recommandation de MIT Technology Review porte moins sur l’ajout de caméras que sur l’imposition d’une obligation de rendre des comptes : auditer les décès près des tours, corriger le suivi des décès, enregistrer les appréhensions assistées par la technologie et enquêter automatiquement pour déterminer si chaque décès à proximité reflète une défaillance de la surveillance.2