Histoire
15 oct. 2026
Une affaire de dispositif d’écoute chez OpenAI oppose l’alerte sécuritaire à l’appel à la retenue d’un avocat
Les procureurs et OpenAI présentent l’affaire comme une grave atteinte à la sécurité interne dans un laboratoire d’IA de pointe, tandis que l’avocat d’Abdulrahman Alfozan appelle à la retenue, affirmant que l’inculpation ne devrait pas être gonflée en preuve d’espionnage ni jugée à travers le prisme de ses origines.
Les accusations ont émergé à la suite d’une inspection de sécurité menée fin septembre dans les bureaux d’OpenAI à San Francisco. Le 30 septembre, l’entreprise affirme que son équipe de surveillance technique a trouvé un dispositif branché à l’arrière d’un téléviseur dans une salle de conférence réservée aux dirigeants, dissimulé avec du papier toilette. La salle accueillait des discussions portant sur des recherches exclusives, des plans de produits, des échanges avec les autorités et des relations commerciales.1
Les enquêteurs fédéraux allèguent que le dispositif avait été installé vers le 28 septembre et était conçu pour enregistrer l’audio tout en masquant son contenu par chiffrement. La plainte affirme également qu’un compte associé à l’épouse d’Alfozan a demandé à un chatbot des conseils sur la construction, la dissimulation et le chiffrement de matériel d’enregistrement, tandis qu’Alfozan utilisait un outil interne de productivité pour rechercher les lieux et horaires de réunions.1
OpenAI n’a pas immédiatement licencié Alfozan. L’entreprise a plutôt restreint son accès tout en se coordonnant avec le FBI. Les procureurs affirment que des images de vidéosurveillance l’ont montré revenant regarder derrière le téléviseur le 5 octobre ; ce jour-là, les agents de sécurité ont également trouvé un sac contenant ses pièces d’identité et un deuxième dispositif similaire. L’entreprise indique que ses modèles l’ont aidée à analyser le premier dispositif et à remonter jusqu’à son origine, un employé.2
Le 9 octobre, le FBI a arrêté Alfozan, 35 ans, et OpenAI a mis fin à son contrat. Il est poursuivi pour un chef d’accusation criminel d’utilisation d’un dispositif destiné à intercepter des communications orales, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Les autorités présentent l’épisode comme un test de la capacité de la Silicon Valley à protéger des travaux d’IA stratégiquement importants. Le procureur américain Craig Missakian l’a qualifié de « question de sécurité nationale ».3
Mais l’affaire comporte une limite cruciale : OpenAI a déclaré n’avoir « aucune indication » que les poids des modèles, le code source ou les données des clients aient été consultés de manière indue ou exfiltrés.2 Alfozan n’a pas encore plaidé. Son avocat, William Pernik, a déclaré que les accusations « semblent totalement contraires à son caractère » et a souligné que l’inculpation ne concerne ni le vol de secrets commerciaux ni l’activité en tant qu’agent étranger. « Le lieu de naissance d’une personne ne prouve rien », a déclaré Pernik.4