Histoire
16 oct. 2026

La solidité de l’activité de Netflix n’a pas suffi à sauver 1 000 emplois

Netflix présente les licenciements comme un réinvestissement discipliné dans une entreprise saine, tandis que les récents résultats de l’entreprise et la pression sur le cours de son action suggèrent une réalité plus dure : être le plus grand service de streaming ne suffit plus lorsque la croissance n’est pas à la hauteur des attentes.

Le dernier plan de réduction des effectifs de Netflix intervient dans des circonstances très différentes de celles de ses précédentes coupes importantes. En 2022, le service de streaming avait supprimé environ 450 postes après avoir enregistré ses premières pertes d’abonnés en plus de dix ans, le partage de comptes et une concurrence plus intense ayant ralenti la croissance du chiffre d’affaires.

L’entreprise a ensuite retrouvé son élan grâce à une offre publicitaire moins chère et à une répression du partage de mots de passe. Au premier semestre 2026, son chiffre d’affaires avait atteint près de 25 milliards de dollars, en hausse de 15 % sur un an, et Netflix employait environ 16 000 personnes. Pourtant, cette reprise n’a pas résolu le problème de croissance de l’entreprise. L’action avait chuté de 22 % cette année et de 42 % au cours des 12 mois précédents, tandis que Netflix avait également échoué à remporter l’appel d’offres pour Warner Bros. Discovery.

Cette pression a de plus en plus façonné les décisions de l’entreprise. Netflix a remplacé son directeur des contenus dans le but d’enrayer la baisse du cours de l’action, et Ted Sarandos a déclaré lors d’une conférence sectorielle le mois dernier : « Dans l’ensemble, nous ne croissons pas aussi vite que je le souhaiterais, et nous travaillons à accélérer ce rythme. »

Mercredi, Netflix a annoncé qu’il supprimerait environ 1 000 postes — soit environ 6 % de ses effectifs — principalement dans les équipes produit, technologie, juridique et ressources humaines. Les co-directeurs généraux Sarandos et Greg Peters ont affirmé que l’entreprise restait « solide et en croissance » et en bonne voie pour atteindre ses prévisions annuelles. Mais ils ont présenté ces suppressions comme un choix inévitable : « remplir [notre mission] exige que nous fassions preuve de discipline quant aux domaines auxquels nous accordons la priorité pour nos collaborateurs et nos ressources. »

Le contraste résume l’histoire. Netflix affirme réduire ses effectifs pour investir « agressivement » dans des domaines de croissance à fort impact ; les salariés paient le prix d’une entreprise qui cherche une expansion plus rapide alors même que son chiffre d’affaires a augmenté de 16 % en 2025 et qu’elle prévoyait une croissance de 13 % à 14 % cette année.