Histoire
31 oct. 2026

L’effondrement de Weil impose un détour soudain à ses jeunes avocats

La direction de Weil présente une cessation ordonnée des activités comme la réponse la moins perturbatrice à une crise qui s’aggrave, tandis que Palantir voit dans ces bouleversements l’occasion de réorienter de futurs avocats vers un autre type de carrière.

La crise de Weil, Gotshal & Manges s’est accélérée après une série de départs d’associés qui a privé l’un des cabinets les plus établis de Wall Street de talents clés. Les discussions de fusion se sont ensuite effondrées, et Ramona Nee — précédemment choisie pour devenir la prochaine dirigeante du cabinet — s’est retirée de cette fonction, laissant cette structure vieille de près d’un siècle face à son option la plus radicale : la fermeture.

Mercredi, la direction a indiqué aux associés qu’elle recommanderait une cessation ordonnée des activités. « À l’issue d’un examen attentif des alternatives stratégiques, le comité de direction du cabinet a recommandé aux associés que le cabinet engage une cessation ordonnée de ses activités », a déclaré le cabinet, ajoutant que les associés voteraient dans les prochains jours. Weil a déclaré qu’il continuerait à servir ses clients pendant le processus et à soutenir ses collègues alors que le cabinet se démantèle au cours des prochains mois.

L’effondrement est frappant non pas parce que Weil était manifestement insolvable — il a peu ou pas de dettes — mais parce qu’il souligne la concurrence de plus en plus impitoyable au sein des grands cabinets pour attirer les associés générateurs d’affaires. Le cabinet, qui compte environ 1 200 avocats, s’était forgé une réputation grâce à des dossiers de restructuration emblématiques, dont Enron, ainsi qu’à d’importantes activités de capital-investissement et de fusions-acquisitions. Pourtant, ses rivaux se sont développés plus rapidement à mesure que la mobilité des associés est devenue la nouvelle norme du secteur.

Dès jeudi, les retombées avaient déjà suscité une réaction opportuniste. David Glazer, directeur financier de Palantir, a lancé sur LinkedIn un appel aux étudiants qui prévoyaient d’effectuer leur stage d’été chez Weil : « Si vous deviez être stagiaire d’été chez Weil mais souhaitez désormais mettre votre expérience au service de Palantir… contactez-nous ! »

L’offre de Glazer ne proposait aucune description de poste précise, mais son message était clair : une formation juridique peut être mise à profit au-delà d’un parcours conventionnel en cabinet d’avocats. Pour les stagiaires d’été de Weil, un vote destiné à gérer une fin ordonnée pourrait au contraire marquer un début brutal ailleurs.